Migration WinDev ou rester ? Comment décider en 2026

Une centaine de clients de PC Soft lancent une action en justice, selon Les Echos. Ils dénoncent des hausses de tarifs qui atteindraient jusqu’à 1 000 % par an. Pour un DSI ou un dirigeant de PME, la question devient donc très concrète : faut-il engager une migration WinDev maintenant, ou rester et attendre ? Cet article vous donne une grille de décision simple, en cinq critères.

En bref

  • Depuis le rachat de PC Soft fin 2024, le coût d’usage de WinDev augmente nettement.
  • Les recours juridiques avancent, mais leur issue reste incertaine et lente.
  • Une migration WinDev n’est pas toujours la bonne réponse : tout dépend de l’application.
  • Cinq critères suffisent pour trancher : criticité, nombre de postes, état du code, compétences et dépendances.
  • Un audit de l’existant reste la première étape, quelle que soit la décision.

Pourquoi la question se pose maintenant

Fin 2024, Two Squared France II, une entité liée au canadien Constellation Software et à sa filiale Volaris Group, a pris le contrôle de PC Soft. Les clients ne l’ont appris qu’en mai 2025. Depuis, la politique commerciale a changé en profondeur.

D’abord, l’éditeur a arrêté la vente des clés physiques en février 2025. WinDev passe ainsi à un abonnement annuel obligatoire. Selon l’association Wx Alliance, l’abonnement de catalogue coûte 1 068 €, contre 749 € pour l’ancienne mise à jour : soit environ 43 % de hausse. Ensuite, PC Soft envisagerait une redevance sur chaque poste qui exécute une application WinDev. Les forums évoquent 250 à 300 € par an et par poste, sans grille officielle à ce jour.

Enfin, la riposte s’organise. Le 1er septembre 2026, environ 200 entreprises ont assisté à une première réunion avec le cabinet Linklaters. Les avocats visent l’Autorité de la concurrence et le tribunal des activités économiques de Marseille. Le sujet est même arrivé à l’Assemblée nationale, avec une question écrite publiée au Journal officiel le 30 juin 2026.

Ce qu’il faut garder en tête

Les montants de la redevance par poste ne sont pas officiels. Les chiffres de « jusqu’à 1 000 % » proviennent des plaignants, tels que rapportés par la presse. Votre décision doit donc reposer sur votre propre exposition, pas sur le pire scénario.

Rester sur WinDev : quand c’est un choix raisonnable

Rester n’est pas une faute. Pour certaines applications, c’est même la décision la plus rationnelle. En effet, une migration WinDev coûte du temps, du budget et de l’énergie aux équipes métier.

Rester a du sens dans trois cas :

  • l’application tourne sur quelques postes seulement, donc la redevance reste faible ;
  • elle arrive en fin de vie et sera remplacée par un progiciel d’ici deux à trois ans ;
  • le code est stable et les évolutions sont rares.

Dans ces situations, nous recommandons une maintenance WinDev sécurisée, accompagnée d’un plan de sortie documenté. Ainsi, vous gardez le contrôle si les conditions tarifaires se durcissent encore.

Concrètement, un bon plan de sortie tient en quelques pages. Il doit contenir :

  • l’inventaire des applications, des postes et des utilisateurs concernés ;
  • la cartographie des dépendances : base HFSQL, composants externes, interfaces avec d’autres logiciels ;
  • l’état de la documentation et du code source, avec les zones à risque ;
  • un seuil de déclenchement, par exemple un montant de redevance au-delà duquel la migration démarre.

De cette façon, rester devient un choix piloté, et non une décision subie. Le jour où le seuil est franchi, vous savez déjà par où commencer.

Quand la migration WinDev devient prioritaire

À l’inverse, d’autres signaux rendent l’attente risquée. Le premier est financier. Prenons un parc de 100 postes : à 250 à 300 € par poste, la redevance représenterait 25 000 à 30 000 € par an. Sur trois ans, la note atteint 75 000 à 90 000 €, souvent sans aucune nouvelle fonctionnalité.

Le deuxième signal concerne les compétences. Le WLangage est un langage propriétaire. Les développeurs WinDev se raréfient, et chaque départ fragilise la maintenance. Le troisième signal tient au verrouillage technique : aucun outil ne convertit automatiquement une application WinDev. Plus vous attendez, plus le code s’alourdit et plus la sortie coûtera cher.

Par ailleurs, la base de données joue aussi un rôle. Si votre application dépend de HFSQL, lisez notre analyse sur HFSQL devenu payant : elle complète le calcul.

La grille de décision en 5 critères

Pour trancher, évaluez chaque application séparément. Un même parc contient souvent des applications à garder et d’autres à migrer. Le tableau suivant résume notre grille.

Critère Plutôt rester Plutôt migrer
1. Criticité métier Outil secondaire, usage ponctuel Application cœur de métier, utilisée tous les jours
2. Nombre de postes Moins de 10 postes Plusieurs dizaines de postes ou clients finaux équipés
3. État du code Stable, peu d’évolutions prévues Dette technique, évolutions fréquentes, besoin web ou mobile
4. Compétences Développeur WinDev en poste et disponible Dépendance à une seule personne ou à un prestataire
5. Horizon de vie Remplacement prévu sous 2 à 3 ans Application utilisée encore 5 ans ou plus

Si trois critères ou plus penchent vers la droite, la migration WinDev mérite un chiffrage sérieux. Pour le calcul du retour sur investissement, consultez notre article sur le coût d’une migration WinDev.

Moderniser : la troisième voie

Entre rester et tout réécrire, une voie intermédiaire existe. Elle consiste à migrer par lots. Concrètement, vous commencez par les modules les plus exposés, comme le portail client ou les écrans mobiles. Le reste de l’application continue de tourner sur WinDev pendant la transition.

Cette approche présente trois avantages. Elle étale l’investissement. Elle livre de la valeur rapidement. Surtout, elle limite le risque de régression. Chez ETC SOFT, nous prouvons la parité fonctionnelle à chaque étape grâce à notre méthode MIRROR en 6 phases.

Reste à choisir la technologie cible. Python, .NET, Java ou une stack web : chaque option a ses forces. Notre guide Sortir de WinDev : par quoi le remplacer ? détaille les critères de choix.

Le rôle de l’IA

L’IA ne convertit pas une application WinDev en un clic. En revanche, elle accélère l’analyse du code, la réécriture et la génération de tests. Résultat : une migration WinDev coûte aujourd’hui sensiblement moins cher qu’il y a trois ans, jusqu’à 40 %* selon notre programme dédié.

Faut-il attendre l’issue de l’action en justice ?

C’est la question que nous entendons le plus. Notre réponse est nuancée. Une procédure devant l’Autorité de la concurrence ou un tribunal prend souvent plusieurs années. Même en cas de succès, rien ne garantit un retour aux anciennes conditions.

Pendant ce temps, les abonnements et la redevance éventuelle continuent de courir. Le code continue aussi de vieillir, et les compétences WinDev se font plus rares chaque année. Attendre a donc un coût réel, même s’il apparaît moins clairement qu’un devis de migration. C’est pourquoi il vaut mieux le chiffrer, lui aussi.

Rejoindre l’action collective et préparer une migration WinDev ne s’opposent pas. Au contraire, un audit vous donne des chiffres précis, utiles aux deux démarches. Vous gardez ainsi toutes les options ouvertes, sans subir le calendrier de l’éditeur. Pour le détail du dossier, lisez notre point sur l’action collective contre PC Soft.

Questions fréquentes sur la migration WinDev

Par où commencer ?

Par un audit de votre application WinDev. Il mesure la taille du code, les dépendances et l’exposition financière. Notre article pourquoi auditer avant de migrer explique la démarche.

Ce qu’il faut retenir

La hausse des tarifs de PC Soft change l’équation, mais elle ne dicte pas une réponse unique. Certaines applications doivent rester sur WinDev. D’autres justifient une migration WinDev rapide. La plupart relèvent d’une modernisation par lots. Dans tous les cas, la bonne décision part de vos chiffres, pas de l’actualité.

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Sources

  1. Les Echos, « Des augmentations de tarifs jusqu’à 1.000 % par an : une centaine de clients de PC Soft lancent une action en justice », article exclusif, octobre 2026.
  2. ChannelNews, « PC Soft : la fronde des utilisateurs contre la nouvelle politique de licences vire à l’action collective », 7 septembre 2026 — channelnews.fr
  3. Next, « Les développeurs WinDev s’alarment d’une possible redevance par installation client », 10 juin 2026 — next.ink
  4. Assemblée nationale, question écrite n° 16481 de M. Jérôme End, « Rachat de PC SOFT et conséquences économiques et sécuritaires », JO du 30 juin 2026 — questions.assemblee-nationale.fr
  5. Haas Avocats, « Captivité logicielle : de PC SOFT à VMware, la bascule qui annonce une vague de litiges » — haas-avocats.com