Action collective contre PC Soft : où en est-on, et que faire de votre parc WinDev ?

En bref

Environ 200 entreprises ont participé le 1er septembre à la première réunion d’une action collective préparée par le cabinet Linklaters contre PC Soft. En cause : la fin des licences perpétuelles, une hausse du coût d’utilisation d’environ 43 % selon l’association Wx Alliance, et une redevance par poste désormais envisagée. Voici ce qui est établi, ce qui ne l’est pas, et les décisions que cela impose selon la taille de votre parc.

Ce qui est établi

Fin 2024, PC Soft est passé sous le contrôle de Volaris Group, filiale du canadien Constellation Software. Ce groupe a bâti son modèle sur le rachat d’éditeurs de logiciels métiers à clientèle captive, avec plus de mille acquisitions depuis 1995. Un précédent existe en France : 4D, autre environnement de développement propriétaire, racheté en 2024.

Les licences perpétuelles ont ensuite été remplacées par des abonnements. L’association Wx Alliance, créée pour défendre les intérêts de la communauté, estime la hausse du coût d’utilisation à environ 43 % en moyenne.

Puis est venue l’annonce qui a réellement déclenché la fronde : la volonté de percevoir une redevance sur chaque poste de travail faisant tourner une application développée avec ces outils. Le cabinet d’avocats d’affaires Linklaters prépare aujourd’hui une action collective pour un groupe de TPE et PME majoritairement françaises. Les saisines envisagées visent l’Autorité de la concurrence et le tribunal des activités économiques de Marseille, pour abus de position dominante et dépendance économique.

Source : ChannelNews, 7 septembre 2026, d’après La Lettre.

Ce qui ne l’est pas

Aucun tarif officiel n’a été communiqué pour la redevance par poste. Les montants qui circulent sur les forums, entre 250 et 300 € par an et par poste, sont des estimations de la communauté, pas une grille éditeur. Nous les citons parce qu’ils donnent un ordre de grandeur utile, pas parce qu’ils font foi.

L’issue de la procédure est inconnue, et le sera longtemps. Une saisine de l’Autorité de la concurrence se compte en années, pas en trimestres.

Enfin, rien n’indique à ce jour que PC Soft reviendra sur sa politique. Rien n’indique non plus le contraire. C’est précisément ce qui rend l’attentisme coûteux : vous ne pouvez pas planifier un budget sur une hypothèse.

Pourquoi WinDev est un cas particulier ?

Ce qui se joue ici ne se jouerait pas de la même façon avec une technologie ouverte. Le WLangage est un langage propriétaire qui n’a aucun équivalent ailleurs, et aucun mécanisme officiel ne convertit une application WinDev vers une autre technologie. S’ajoute le plus souvent HFSQL, dont la facturation des sessions constitue un second changement de modèle.

Une entreprise qui a construit son ERP, son outil de production ou sa gestion commerciale sous WinDev depuis quinze ans ne peut donc pas arbitrer en quelques semaines. C’est la définition même de la dépendance économique invoquée par les avocats, et c’est aussi ce qui explique l’ampleur de la réaction.

À cela s’ajoute un facteur que nous constatons chez nos clients depuis deux ans : la raréfaction des développeurs WinDev. La question du coût des licences arrive donc sur un terrain déjà fragilisé.

Trois situations, trois décisions différentes

Il n’y a pas une réponse unique, et méfiez-vous de quiconque vous en propose une. Ce que nous observons sur le terrain se répartit en trois cas.

Petit parc, application stable, besoins fonctionnels figés

Si votre application répond encore au besoin, si le nombre de postes est limité et si vous n’avez pas de projet d’ouverture web ou mobile, la migration n’est pas une urgence. La bonne décision est de sécuriser l’existant : montée de version, compatibilité avec les Windows récents, documentation de l’applicatif, correction de la dette technique. Une TMA bien pilotée fait vivre une application plusieurs années de plus.

Ce travail n’est jamais perdu, même si vous migrez plus tard : documenter l’existant est précisément le poste le plus coûteux d’une refonte.

Parc de 100 postes ou plus

C’est ici que l’arithmétique change tout. Sur la base de la fourchette évoquée par la communauté, un parc de 100 postes représenterait 75 000 à 90 000 € sur trois ans, uniquement pour continuer à faire tourner ce que vous possédez déjà. Une redevance récurrente ne s’amortit jamais.

À cette échelle, trois ans de dépendance représentent souvent le budget d’une modernisation complète. La décision à prendre n’est pas « faut-il migrer », c’est « faut-il refaire le calcul », et la réponse est oui. Nous avons publié l’analyse chiffrée complète, par taille de parc, avec le comparatif entre modernisation ciblée et refonte.

Éditeur ou ESN dont le produit repose sur WinDev

C’est le cas le plus tendu. Une redevance par poste installé chez vos propres clients frappe directement votre modèle économique, et vous ne pouvez pas toujours la répercuter. Le sujet devient stratégique, pas technique. Là, l’audit ne sert pas à décider si vous migrez, mais à savoir en combien de temps vous pouvez le faire et à quel coût.

Faut-il rejoindre l’action collective ?

C’est votre décision, et elle est légitime. Nous ne conseillons ni de la rejoindre ni de s’en abstenir, ce n’est pas notre métier.

Nous disons simplement ceci : les deux démarches ne s’excluent pas, et elles ne produisent pas la même chose. Une procédure vise à faire reconnaître un abus, avec un horizon de plusieurs années et une issue incertaine. Elle ne transformera pas votre application en architecture ouverte, ne migrera pas votre base et ne réduira pas votre dépendance technologique. Beaucoup d’entreprises feront les deux, et c’est probablement la position la plus rationnelle.

Ce que nous faisons chez ETC SOFT

Nous intervenons sur les environnements PC SOFT depuis leurs premières versions, soit 26 ans de WinDev, WebDev et WinDev Mobile. Cela nous donne une position inhabituelle dans ce débat : nous vivons aussi de la maintenance de ces applications. Nous ne proposons une migration que lorsqu’elle est rentable, pas par principe.

Concrètement, nous proposons un audit de votre application sous 48h, gratuit et sans engagement : analyse du code, cartographie fonctionnelle, état de la base HFSQL, recensement des états et traitements, puis une recommandation chiffrée entre maintenir, moderniser ou migrer.

Pour les projets de refonte, notre programme de développement augmenté par l’IA permet jusqu’à 40 % d’économie* par rapport à notre méthodologie traditionnelle, à périmètre fonctionnel comparable. Le gain vient de la production, pas d’une remise commerciale : l’IA prend en charge les postes les plus lourds d’une refonte, à savoir la compréhension d’un code non documenté, la reconstitution des règles métier, le transcodage assisté et la génération des tests. La recette métier, elle, reste un poste humain incompressible.

Questions fréquentes

Dois-je arrêter d’investir dans mon application WinDev ?

Non. Tant que l’application sert le métier, la maintenir est un investissement rationnel. Ce qu’il faut arrêter, c’est d’investir sans savoir ce que la dépendance coûtera dans trois ans. La différence entre les deux se mesure avec un audit, pas avec une intuition.

Combien de temps ai-je devant moi ?

Personne ne peut le dire avec certitude, puisque la politique tarifaire peut encore évoluer et que la procédure prendra des années. En revanche, une modernisation ciblée donne des résultats mesurables en 4 à 8 semaines, et une refonte se déploie par lots. Le délai qui compte est celui de votre décision, pas celui de l’éditeur.

Peut-on migrer sans arrêter la production ?

Oui, dans la majorité des cas. Lorsque l’architecture existante le permet, ancien et nouveau systèmes fonctionnent en parallèle pendant une période transitoire, ce qui sécurise la bascule et laisse le temps de valider chaque lot.

Vers quoi migre-t-on une application WinDev ?

L’usage décide. Une application qui reste sur le poste va vers C# et .NET, le paradigme le plus proche. Un besoin d’accès navigateur ou de SaaS va vers le web. Un usage terrain va vers le mobile ou une PWA. Les données HFSQL sont reprises vers PostgreSQL, SQL Server ou MySQL.

Ce qu’il faut retenir

Le changement de politique de PC Soft a transformé une question technique en arbitrage budgétaire. Que vous rejoigniez ou non l’action collective, la seule chose qui ne peut pas attendre est le chiffrage : savoir ce que votre parc vous coûtera dans trois ans, et ce que coûterait sa modernisation.

Ce calcul prend 48h et ne vous engage à rien.

Audit de votre application WinDev, gratuit sous 48h. Analyse du code, cartographie, état de la base, recommandation chiffrée entre maintenir, moderniser ou migrer.