Votre entreprise a financé son développement. Vos équipes l’utilisent quotidiennement. Il contient vos données, vos règles de gestion et des années de savoir-faire.
Mais si votre fournisseur change ses conditions demain, quelle liberté de décision vous reste-t-il ?
Cette question touche au fonctionnement de l’entreprise : sa capacité à poursuivre son activité, à maîtriser ses dépenses et à faire évoluer ses outils.
La souveraineté numérique se joue aussi dans les applications métier dont votre organisation dépend chaque jour.
WinDev : une question parlementaire qui interpelle les entreprises
Le 27 octobre 2026, le député Julien Rancoule a publié une question écrite à l’Assemblée nationale sur les conséquences économiques et stratégiques de changements tarifaires qu’il décrit concernant PC Soft, éditeur de WinDev, WebDev et WinDev Mobile.
Cette interpellation soulève notamment la situation des entreprises dépendantes de ces technologies et les enjeux de souveraineté numérique associés.
Il convient de distinguer les niveaux d’information : une question parlementaire rapporte les préoccupations de son auteur. Elle ne constitue ni une décision de justice ni une confirmation de l’application des pratiques évoquées à tous les utilisateurs.
Cette actualité fournit néanmoins un point de départ utile pour examiner sa propre situation.
Votre logiciel fonctionne. Pouvez-vous encore choisir son avenir ?
Une application peut répondre aux besoins quotidiens tout en créant une dépendance difficile à mesurer.
Les équipes connaissent ses écrans. Les opérations s’enchaînent. Les informations sont enregistrées. Puis un événement révèle les limites de cette organisation :
- Le développeur historique devient indisponible.
- Une évolution nécessite des composants difficiles à retrouver.
- Les conditions commerciales d’un fournisseur changent.
- Une intégration devient indispensable, mais complexe à réaliser.
- Une reprise est envisagée, sans documentation suffisante.
La difficulté apparaît lorsque l’entreprise découvre qu’elle dispose de peu d’alternatives réalistes.
La maîtrise d’un logiciel se mesure à ce que vous pouvez effectivement décider et mettre en œuvre.
Avoir les sources ne suffit pas toujours
Prenons un exemple illustratif.
Une PME récupère le code de son application. Elle souhaite confier sa maintenance à une nouvelle équipe. Mais certaines bibliothèques manquent, l’environnement de développement est mal documenté et les paramètres de déploiement sont inconnus.
Les fichiers sont disponibles. La reprise reste incertaine.
La question à poser est donc précise :
Une autre équipe pourrait-elle reconstruire, tester et déployer notre application avec les éléments dont nous disposons ?
Cette vérification permet d’évaluer une autonomie concrète.
Cinq questions pour évaluer votre dépendance
1. Pouvez-vous réutiliser vos données ailleurs ?
Un export est un point de départ. Il faut également pouvoir comprendre les formats, les relations entre les informations et les historiques associés.
Une reprise testée apporte davantage de visibilité qu’une possibilité d’export annoncée.
2. Vos règles métier sont-elles documentées ?
Calculs particuliers, remises contractuelles, validations ou droits d’accès : votre application contient probablement des décisions accumulées au fil des années.
Ces règles doivent pouvoir être expliquées et vérifiées en dehors du seul code.
3. La connaissance est-elle partagée ?
Si une personne détient seule les accès et la compréhension des traitements critiques, la continuité devient fragile.
Documenter et transmettre cette connaissance contribue à protéger l’activité.
4. Comprenez-vous vos coûts futurs ?
Licences applicables, maintenance, infrastructure et évolutions doivent être examinées ensemble, à partir de vos contrats et de vos usages réels.
Cette vision permet de comparer les options sur une base cohérente.
5. Avez-vous préparé un changement de partenaire ?
Que faudrait-il transmettre ? Quels accès seraient nécessaires ? Quelles opérations devraient être testées ?
Une réversibilité préparée donne davantage de marge de manœuvre au moment de négocier ou de faire évoluer votre organisation.
Faut-il migrer pour reprendre la main ?
La migration constitue une option parmi plusieurs.
Votre application peut bénéficier d’une maintenance structurée, d’une documentation renforcée ou d’une modernisation ciblée. Une refonte plus complète peut devenir pertinente lorsque les limites touchent durablement les usages et l’architecture.
Le choix doit découler d’une analyse de votre situation.
Une nouvelle technologie peut, elle aussi, créer une dépendance si les conditions de reprise, les compétences et la documentation sont négligées.
Préserver votre métier pendant la transformation
Une application moderne doit reprendre correctement les comportements essentiels à votre activité.
Par exemple, un calcul de prix dépendant du client, du volume et de la date du contrat nécessite des cas de référence et des résultats attendus.
Chez ETC, notre méthode MIRROR structure la migration autour de la compréhension de l’existant, de la reconstruction progressive et de la comparaison des résultats sur le périmètre convenu.
La validation métier devient ainsi un élément central du projet.
Votre autonomie se prépare aujourd’hui
Documenter les traitements critiques, organiser les accès et tester la capacité de reprise sont déjà des actions utiles, même sans projet immédiat de migration.
Elles renforcent votre capacité à choisir la suite.
Si vous deviez changer de prestataire demain, votre entreprise serait-elle prête ?
Échangez avec ETC pour faire le point sur votre application WinDev.
Source officielle : Assemblée nationale, question écrite n° 19287 de Julien Rancoule, publiée le 27 octobre 2026 : « Sur le rachat d’un éditeur français de logiciels par un groupe étranger ».
Les recommandations et exemples de cet article constituent une analyse éditoriale d’ETC, distincte des préoccupations rapportées dans la question parlementaire.


